(2008 end-of-year lists) – JAWAD NAWFAL

I asked the main actors of this here blog (mostly musicians, of course, but also friends, family, support-givers…) to provide me with a list (5 to 20 albums) of their favorite records of the year.

The results are slowly coming in. There are surprises, resemblances, similarities, incongruous choices… I’ve left the responses intact, exactly as I received them, along with my friends’ comments. So here goes:

Jawad Nawfal: musician, DJ, producer (Munma, AEX, Ae_Quo)

Sunken Foal “fallen arches”
Eero Johannes “lipton service boy”
Vibert & Simmons “rodulate”
Last Step “1961”
Portishead “third”
Benga “diary of an afro warrior”
Distance “repercussions”
Apparat “things to be frickeled”
Somatic Responses “digital darkness”
Larvae “loss leader

JAWAD NAWFAL // Bande à Part Session // 19 Nov 2007

Don’t Border me est né officiellement le 9 juin 2007,  à Montréal, grace aux efforts des journalistes Christelle Franca et Serge Abiaad. Le projet s’intéresse aux musiques et la création faite où les frontières géopolitiques sont trop rigides; là où la circulation des individus, des idées et d’une information honnête est aussi complexe qu’essentielle. Pour ses premiers pas, Don’t Border me a souhaité donner la parole à la musique libanaise actuelle.

Cinéaste du son et maître des machines, Jawad Nawfal a fondé Altered Ear, un laboratoire de recherche et de composition sonore assistés par ordinateur aux ramifications multiples : Ae_quo (expérimental), AEX (electro live), et Munma (oriental soundscape). Au croisement des disciplines multimédia, il collabore aussi régulièrement avec des réalisateurs et des artistes visuels, avec le Liban en bruit de fond.

Dans le cadre du projet Bande à Part/Don’t Border me, Jawad a soumis un soundscape (ou paysage sonore, un format qu’il affectionne particulièrement),  deux photographies, et a présenté sur Ruptures 96.2FM une émission ayant pour sujet la scène électronique libanaise.

Ecouter:
soundscape-jawad
bande-a-part-jawad-nawfal-19-nov07-part-1
bande-a-part-jawad-nawfal-19-nov07-part-2


sous-le-pont

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La ville en chantier

Beyrouth est une ville étrange.

Les chantiers y sont incessants.

Je découvre sans arrêt de nouveaux bâtiments

surgis du néant là où, quelques jours auparavant,

il n’y avait qu’un vieux dépôt désaffecté,

un terrain de foot, une bâtisse croulante.

Les rues muent et se transforment au fil des

semaines, sans que personne ne semblent

vraiment s’en étonner.

En Juillet 2006, le pays a été l’objet

d’une vaste offensive militaire Israélienne.

Des quartiers entiers et de nombreux boulevards

de la capitale ont été détruits.

Ceci a évidemment eu pour conséquence la

recrudescence des chantiers en ville.

Aujourd’hui, Beyrouth est grise de poussière,

elle respire le béton et le métal rouillé.

Et même si le pays vit un cauchemars politique et

économique récemment, le chantier urbain est

intransigeant. Le métal et le béton règnent,

incontesté, déterminés, et rien ne semble pouvoir

les ralentir dans leur lourde progression.

Je les entends souffler, gronder et grincer.

Les sons que j’ai traités et mis en scène,

ces masses sonores fluctuantes, sont à l’origine

des bruits capturés sur des chantiers et ailleurs,

pas loin de là où j’habite. Je les ai pesés,

décousus, et taillés. Je les ai modulés

et transformés, tel un nouvel alliage secret.

Je leur ai donné une nouvelle voix.

Ainsi, vous aussi, vous pourrez peut-être y entendre

les lamentations fourbes de la ville en fusion.

Jawad Nawfal